jeudi 23 mars 2017

- Throwback Thursday - Le gros tas -


Messieurs-dames, bien le bonjour !

Je prends quelques minutes entre deux lignes de code pour vous présenter mon humble participation au rendez-vous maintenant bien connu de BettieRose Books. Vous pouvez d'ailleurs retrouver les liens sur son blog. Allons-y gaiement pour la présentation de thème, on blablatera après !


Thématique du 23 mars
Un pavé de plus de 500 pages


Sauf quelques cas exceptionnels, ma préférence va carrément aux gros bouquins (ahem)(oui, j'ai l'esprit mal tourné, à vous de comprendre pourquoi je glousse maintenant). Plus c'est long, plus c'est bon (mais arrête, Val !). Plus c'est gros aussi (rhaaaaaa).

Non pardon. June, je te blâme totalement pour ces blagues absolument nulles.

Donc, reprenons. Je préfère quand c'est détaillé, quand on a bien le temps de s'attacher aux personnages et lorsqu'on les suit sur une longue période, voilà. On va s'arrêter là avant que je dise une autre bêtise. Je suis restée bêtement dedans ma bibliothèque pendant pas mal de temps, à me disputer avec moi-même pour savoir quel était le gros pavé qui allait avoir le privilège d’apparaître devant vos yeux ébahis ce jeudi midi. Et à un moment, j'ai tourné la tête et j'ai vu ça :


Voilà.

N'ayant plus peur de rien, je vous présente donc aujourd'hui 5 gros tas de papier pour le prix d'un. À environ 800-900 pages par tome, je pense qu'on est dans les clous, là. 

Et lisez-les, hein, je ne sais pas si j'ai vraiment besoin de vous présenter la chose, mais oui, la série tv envoie du pâté sévère et les bouquins aussi. Même s'il faut se les taper, les bestioles, faut avouer. La traduction n'est pas formidable (surtout pour le premier tome, après ça passe tranquille) et George R.R. Martin ne sait pas s'arrêter d'écrire (sauf pour le tome 6 vraisemblablement) mais, vraiment, une fois dedans, c'est juste formidable, d'une richesse incroyable et avec des personnages d'une profondeur monstrueuse (dans tous les sens du terme, d'ailleurs). 

Mes bonnes gens, c'est tout pour le moment ! Je retourne à mes lignes de code, si je crie, venez me chercher, j'ai peur de me perdre.




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mardi 21 mars 2017

- Stephen King - Bill Hodges & cie -


Ce n'est pas la première fois que vous voyez passer ces trois ouvrages sur cet humble blog, j'ai déjà parlé brièvement des deux premiers ici et, si vous vous intéressez à mes lectures du moment, vous savez que je viens de terminer le troisième et dernier tome de la trilogie Bill Hodges de Stephen King. Parce que oui, il s'agit bien d'une trilogie, même si j'ai souvent vu que chaque livre pouvait être lu indépendamment des autres, je trouve ça personnellement dommage, vous risquez alors de perdre tout le sel de l'histoire et de louper des éléments indispensables au récit. 

C'est pourquoi j'ai eu envie de vous présenter un petit récap sur la trilogie entière, que vous sachiez où vous allez, si l'envie vous prend de démarrer Mr. Mercedes et ses suites.

Je vais bien sûr essayer de ne pas spoiler mais il me semble que certaines informations ne peuvent être passées sous silence lorsque l'on parle d'une série entière.


Le résumé de mes petits doigts

Le tueur à la Mercedes a tué plusieurs dizaines de personnes avec une voiture (je vous laisse deviner la marque) et prévoit un autre et encore plus meurtrier attentat. Bien sûr, comme c'est un méchant très méchant et qu'il ne peut pas s'empêcher de se vanter, il décide de prendre pour cible et de narguer un policier à la retraite, Bill Hodges. Mais le vieux est tenace et le prendra en chasse. 

Dans Carnets noirs, nous rencontrons le cas ultime du fan, celui qui vous aime tellement qu'il en devient capable de vous tuer pour vous voler vos écrits manuscrits et jamais publiés.

Enfin, dans le troisième épisode, Bill Hodges retrouve sa Némésis, le tueur à la Mercedes, dans un piètre état depuis la fin du premier tome. Une vague de suicides d'adolescents, tous présents à la tentative d'attentats, attire l'attention du vieux policier et de son équipe. Mais il semble surréaliste de croire que le chauffard en est responsable, puisqu'il ne peut même plus se gratter le nez tout seul.


Ce qu'en a pensé Titine

Je sais ce que vous vous dîtes : la pauvre Titine, elle n'est jamais vraiment objective quand il s'agit du bonhomme. Du coup, on va être honnête dès le début, la trilogie Bill Hodges n'est absolument pas le meilleur boulot de la carrière de King. Pour ça, il faut retourner bien en arrière dans le temps. Mais ces trois livres ont tous leurs qualités et l'ensemble forme quelque chose de très intéressant.

Stephen King a réussi à reprendre ici quasiment tous ses thèmes favoris et à les diviser en 3 livres bien distincts tenant très bien la route. Là où Mr. Mercedes se rapproche du polar classique avec son policier qui court après son serial killer, Carnets Noirs nous renvoie au pouvoir de la fiction et de l'écriture (comme dans Misery, par exemple, ou l'excellent Écriture, Histoire d'un métier) et Fin de Ronde, histoire de boucler la boucle, effectue un retour réussi dans le fantastique le plus pur avec la télékinésie et l'hypnose (coucou Carrie pour n'en citer qu'un). Et tous les fans de King, qu'ils préfèrent l'une ou l'autre facette de l'auteur, sont alors contentés. Je ne sais pas ce que vous en pensez mais donner à chaque tome d'une trilogie sa propre identité, sa propre personnalité, j'appelle ça un coup de maître. 

Pourtant, si chacun est différent, une trame de fond, représentée, entre autres, par Bill Hodges, les relie entre eux. Le vieux bonhomme est très attachant, particulièrement dans Fin de ronde où on le découvre pas mal affaibli, à la manière d'un Druss dans Légende, et complètement dépassé par le monde nouveau qui l'entoure. Internet, les réseaux sociaux, les smartphones, l'informatique en général, tous ces éléments bien réels apportent une crédibilité certaine au fantastique mis en place par King. Encore une fois ici, celui-ci n'est pas du tout gratuit et ne fait que renforcer des comportements bien ancrés dans le fonctionnement de notre génération : la toile psychique n'étant que renforcée par la "toile" virtuelle, celle des like et des partages en ligne. Enfin, la méthode utilisée par le tueur à la Mercedes pour tuer, le suicide, n'est pas sans rappeler le harcèlement dont sont victimes nombreux adolescents et qui les poussent parfois jusqu'à s'ôter eux-mêmes la vie. Honnêtement, j'ai trouvé que ce traitement du sujet était tout simplement génial. Voilà, c'est dit. Par contre, ce dernier tome, Fin de ronde, ne fut pas mon favori de la trilogie, Carnets noirs et sa réflexion sur le fanatisme et l'écriture m'a beaucoup plus passionné. 

Outre Bill Hodges, le personnage le plus important de ces trois romans est sans conteste le tueur à la Mercedes. Alors qu'on le croyait complètement hors service à la fin du tome 1, on se rend bien vite compte que rien n'arrête cet esprit machiavélique. Si le jeune homme n'était à l'origine "qu'un criminel intelligent et fou", son coma a réveillé quelque chose en lui (ce qui n'est pas sans rappeler Dead Zone) et si dans Mr. Mercedes, il prouvait qu'il "méritait" sa place au panthéon des tueurs, dans Fin de ronde, il m'a fait penser à une espèce de veuve noire, une petite araignée bien dangereuse qui tisse lentement sa toile autour de ses victimes avant de les frapper, une à une, et de les manger tout cru. Diabolique. Et personne n'est à l'abri.


3,5/5
pour l'ensemble

En Bref

Fin de ronde conclut de façon magistrale (et définitive) une intrigue originale, moderne et touchante. Il est souvent reproché à Stephen King sa logorrhée et ses longs développements mais force est de constater qu'il arrive à traiter de beaucoup de sujets importants en peu de mots. Les thématiques qu'il a choisies ici, dans n'importe lequel de ces trois tomes, sont fortes et délicates, le suicide, le malaise adolescent, la pauvreté et la crise économique, le cancer et la maladie. Si je trouve toujours qu'il ne s'agit pas de la meilleure oeuvre de King, je ne peux que vous encourager à découvrir la trilogie : avec ses trois dominantes bien différentes, vous êtes quasiment assuré de trouver pantoufle à votre peton et, promis, il n'y a rien ici de gore ou d'horrifique, le monsieur a su rester relativement sage, profitez-en !